• ➤ Les skinheads et autres fascistes fabriqués de toutes pièces

    Traduction de l'article Skinheads and other fabricated fascists, rédigé par un lecteur anonyme de Miles Mathis.

    ➤ Les skinheads, et autres fascistes fabriqués de toutes pièces

     

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      J'ai vu récemment sur la BBC un documentaire à propos de la culture skinhead au Royaume-Uni dans les années soixante. Il y était question des débuts du mouvement dans la classe ouvrière, et comment les jeunes blancs et les jeunes noirs se côtoyaient sans aucun problème. Ce mouvement était une évolution de la mode vestimentaire des années soixante, et était influencé par l’immigration des jamaïcains au Royaume-Uni. Les noirs avaient débarqué avec leur musique reggae et un sens aigu de la mode, et étaient perçus comme étant cools par la jeunesse locale.

    Ceci me rappela ton article sur Manson, où tu écrivais qu’à l’origine les hippies, les rednecks et les noirs américains nouaient des alliances entre eux, jusqu’à ce que la CIA décide d’y mettre un terme. Ils avaient besoin de créer des divisions, non pas des alliances, pour pouvoir protéger leur hégémonie. Ils ne pouvaient laisser ces gens se mettre en travers du chemin de la machine de guerre.

    Le documentaire de la BBC fixait à 1970 le basculement du mouvement skinhead vers une vision plus nationaliste, et mentionnait la publication d’un roman à sensation de Richard Allen, Skinheads, dans lequel le protagoniste est un voyou raciste. La plupart des porte-paroles du mouvement skinhead à la télévision, aujourd’hui âgés d’une cinquantaine d’années, soulignaient à quel point ce livre et d’autres du même type avaient été influents, et qu’ils avaient été prêtés à de multiples reprises et recouverts de scotch pour réparer leurs couvertures endommagées. Cette nouvelle ère des skinheads était synonyme de National Front, un groupe d’extrême-droite britannique.

    Après avoir lu ton article sur Tate/Manson et la falsification de l’Aryan Brotherhood / des nazis américains, je décidai de faire une recherche rapide sur Google concernant ce livre.

    ➤ Les skinheads

    Il s’avère que Richard Allen est un pseudonyme pour James Moffat (ci-dessus), « un auteur britannique né au Canada qui écrivit au moins 290 romans dans différents genres en utilisant au moins 45 pseudonymes ».

    Wikipedia ne fournit que trois de ces pseudonymes : Richard Allen, Etienne Aubin et Trudi Maxwell. Nous apprenons par cette interview avec Stuart Home qu’un autre de ces pseudonymes est James Tailor, qui se trouve avoir écrit un ouvrage sur Manson, devenu aujourd’hui une pièce de collection, intitulé Satan's Slaves: the Bizarre 'Underground' Cults of California. [Ndt : Les esclaves de Satan : les étranges sectes « underground » de Californie] La description de ce livre sur Abebooks prétend que l’auteur « a tenté de fonder sa propre religion » avant d’écrire son livre :

    Les sectes choquantes dont les activités ont fait les grands titres des journaux dans le monde entier. Le récent meurtre brutal de l'actrice Sharon Tate a forcé le monde à porter un regard horrifié sur l’univers souterrain étrange et perverti de la Californie. Les lecteurs ont appris l’existence des tueurs rituels vagabonds, des « esclaves de Satan », des pratiques de magie noire, des sociétés pratiquant l’amour libre et des innombrables cultes consacrés à toutes les déviations sexuelles possibles. Dans ce compte-rendu stupéfiant rédigé par un écrivain qui a vécu dans la « terre dorée » de Californie (il a même, en fait, tenté de fonder sa propre religion), le voile est levé sur les hippies, les dégénérés, les excentriques et les hurluberlus qui s’échinent tous à créer leurs propres terres promises.

    ➤ Les skinheads➤ Les skinheads

    Cela ressemble fort à de la publicité et à de la manipulation en faveur de l’opération de guerre psychologique qu’a été l’affaire Manson, à du dénigrement du mouvement hippie, et il se peut que ce passage révèle d’autres opérations de Moffat pour le compte du renseignement.

    Tiré de la nécrologie de James Moffat parue dans l’Independent le jeudi 25 novembre 1993 :

    On sait très peu de choses sur la vie privée d’Allen. Il trouvait toujours des excuses pour ne pas donner de détails personnels. Le catalogue de la British Library révèle cependant qu’il était de nationalité canadienne et né en 1922. Ce qu’il reste de sa production est composé principalement de romans médiocres sur l’espionnage et le sexe.

    Ceci, ainsi que le fait d’écrire la plupart de ses œuvres sous pseudonyme, correspondrait bien à la description d’un agent de renseignement employé par la CIA pour écrire de la propagande.

    Nous apprenons sur sa page Wikipedia qu’il a étudié à la Queen's University de Kingston, dans l’Ontario. Cette université a-t-elle des liens avec le milieu du renseignement ? Pour commencer, nous avons ceci : parmi les anciens élèves dignes d’intérêt, nous trouvons des officiels du gouvernement, des universitaires, des chefs d’entreprise, et 56 boursiers Rhodes. En déroulant la page, nous apprenons qu’Elon Musk y a étudié. Une recherche Google sur « Queen's University de Kingston, Canadian Security Intelligence Service » nous donne plusieurs pages sur des livres établissant un lien entre les deux. Miles pourrait s’en donner à cœur joie.

    Une recherche un peu plus poussée nous permet de découvrir cet article paru dans Vice Magazine en 2014 : « Skinheads, gangs de filles, et satanistes – la New English Library était le roi fou de la publication de romans à sensation en Grande-Bretagne » :

    La New English Library était le roi fou de la publication de romans à sensation dans la Grande-Bretagne des années soixante-dix. Publiant des livres sans relâche, elle excellait dans le sous-genre le plus brutal de la fiction destinée à la jeunesse : violence omniprésente des gangs, skinheads rôdant en rangers, cultes sataniques... en somme, tout ce qui pouvait causer une controverse morale au cours de la décennie du disco.

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    Le pouvoir de ces livres est décrit par plusieurs têtes d’affiche du mouvement qui attestent de l’authenticité de ces séries sur les skinheads. Un vieux skinhead déclare dans le fascinant documentaire de 1996 de la BBC, Skinhead Farewell :

    Je garderai les livres toute ma vie. C’était mon époque ; c’était moi et mes potes. Je ne les vendrai jamais. Nous nous demandions qui était réellement « Richard Allen ». Nous pensions qu’il était forcément impliqué dans le mouvement ; il devait forcément avoir été un skinhead, ou avoir été impliqué dans la violence dans le football. La façon dont il écrivait... Il devait forcément savoir ce qui se passait – c’était exactement comme la vraie vie. Et même s’il n’était pas un voyou, il pensait comme un voyou.

    Peter Haining, l’éditeur de New English Library, évoque les lettres qu’ils recevaient lorsque des lecteurs supposaient qu’il était l’un d’entre eux. Toutefois, Moffat avait la cinquantaine en 1970, et résidait à Devon. En fait, Mark Howell (l’un des éditeurs de Moffat) nous dit que « Moffat fondait ses livres sur son imagination et sur des recherches rudimentaires glanées lors de quelques conversations au pub avec des durs locaux ».

    Oui, c’était peut-être le cas, ou c’était peut-être un comité installé à Langley qui se chargeait du travail d’écriture.

    Le documentaire de la BBC prétend qu’un million de copies du premier livre furent vendues. Un ancien skinhead, Steve Kelly, déclara que Skinhead fut le premier livre qu’il ait lu « à l’école sans y avoir été forcé par le professeur ». Un choix intéressant pour un livre disponible dans une bibliothèque scolaire : la glorification du viol et de la violence.

    James Moffat apparaît dans le documentaire dans un très court extrait d’un autre programme de la BBC datant de 1972, intitulé Late Night Line Up. Il y explique comment il écrivait toujours les mêmes intrigues, en n’y apportait que quelques modifications mineures selon le genre. Dans un autre extrait, il déclare avoir rédigé le premier livre en cinq jours et que l’éditeur choisissait fréquemment ses pseudonymes.

    Nous en apprenons plus sur Moffat dans l’article Some reflections on the work of James Moffat, [ndt : quelques réflexions sur l’œuvre de James Moffat] publié sur le site de Stuart Homes. Le livre Skinhead Girls contient quelques scènes et idées vraiment épouvantables, comme l’extrait qui suit :

    Toby sourit et s’enfonça plus profondément. Il n’avait pas besoin qu’on lui fasse un dessin pour comprendre que cette gonzesse prenait tout le plaisir possible avec son viol. Ses exhortations et ses halètements faisaient l’éloge de sa capacité à donner du plaisir.

    Homes écrit :

    Toby est le violeur, et pourtant Moffat écrit sur « son viol » et sur « la gonzesse » qui en reçoit « tout le plaisir possible ». Le viol et la menace du viol sont des thèmes récurrents dans les livres de Moffat. Les victimes sont généralement décrites comme appréciant l’expérience, un contraste saisissant avec la réalité du viol dans notre société fortement hétérosexisme [sic]. Une société dont les normes – vidées de leurs implications concrètes – sont reproduites dans les livres de Moffat. C’est un monde fantasmatique où le viol n’est plus un crime odieux mais un « retour à la nature », où les « passions animales » se déchaînent et où la personnalité de l’individu se dissout dans une « perte de contrôle » totale. Mais ce n’est pas une perte de contrôle ordinaire, malgré son côté « naturel », c’est un état où perdurent toutes les inégalités de la société capitaliste. Alors qu’il devrait être tout à fait évident pour quiconque a réfléchi sur le sujet que nos pratiques sexuelles sont construites socialement – et que les besoins sexuels sont soumis au contrôle social et individuel – Moffat adhère à une vision mystique de la sexualité, qui serait une donnée intangible. Mais pour ceux parmi nous qui comprenons que toutes les pratiques sexuelles sont sujettes à des redéfinitions permanentes (ce que même une étude superficielle de l’évolution de la pornographie au cours des cinquante dernières années pourrait confirmer), les vues de Moffat apparaissent aussi frauduleuses que ridicules.

    En effet, mais cela n’a pas empêché la vente de millions de ses livres (en admettant que les chiffres de vente n’ont pas été falsifiés). [Note de Miles Mathis : ils sont falsifiés. Et ce ne sont pas seulement les vues de Moffat qui sont frauduleuses, ce sont aussi celles de Homes. L’idée que les pratiques sexuelles sont le fruit d’une construction sociale fait partie intégrante du mantra moderniste, mais elle est en grande partie fausse. De plus, l’utilisation du terme « capitaliste » dans la citation ci-dessus nous indique que l’utilisation de l’argument socialiste, mouvement fabriqué de toutes pièces, se cache entre ces lignes.]

    Tout ceci indique que ce ne sont pas seulement les forces du marché qui ont incité à la rédaction de ces ouvrages, et que ce n’étaient pas les éditeurs ou les maisons d’édition qui encourageaient ces sujets pour des raisons qui leur étaient propres. La principale maison d’édition sur ce sujet, New English Library, publiait des genres tels que la science-fiction, le fantastique, ou le suspense. Ils ont publié des œuvres de Stephen King, Harold Robbins, James Herbert et des auteurs de science-fiction comme Brian Aldiss, Frank Herbert, Robert A. Heinlein, Michael Moorcock et Christopher Priest. Miles Mathis a montré que certains d’entre eux étaient liés aux services de renseignement dans des articles précédents. Ceci indique que New English Library était un paravent des services de renseignement. [Ndt : voir également les détails de l’opération Mockingbird ou les travaux de Frances Stonor Saunders, qui montrent que de nombreux auteurs et maisons d’édition sont contrôlés par les services de renseignement] NEL fut créée en 1961 par la Times Mirror Company de Los Angeles, en complément de son acquisition aux États-Unis de la New American Library en 1961. New American Library (NAL) commença son existence en tant que filiale de Penguin U.S.A. et de Penguin Books of England. Penguin décida de mettre un terme à cette association en raison de la complexité des règles d’import-export, et la New American Library of World Literature fut fondée en 1948 par Victor Weybright et Kurt Enoch (précédemment à la tête d’Albatros Books).

    Wikipedia nous apprend que Victor Weybright (1903-1978) était un auteur et éditeur américain, cofondateur de la maison d’édition New American Library. On nous dit qu’il a voyagé avec des gitans et qu’il fonda le chapitre nord-américain de la Gypsy Lore Society. Nous avons là aussi probablement affaire à une autre opération menée par les services secrets. Un des premiers membres de la société fut Sir Richard Burton. La biographie sur Wikipedia de ce Richard Burton (à ne pas confondre avec l’acteur) est remplie de signaux d’alerte :

    Sir Richard Burton (19 mars 1821 – 20 octobre 1890), chevalier de l’ordre de St. Michel et de St. George et membre de la société géographique royale, était un explorateur anglais, géographe, traducteur, écrivain, soldat, orientaliste, cartographe, ethnologue, espion, linguiste, poète, escrimeur et diplomate. […]
    Les réalisations les plus connues de Burton incluent le récit détaillé d’un voyage à La Mecque sous un déguisement, à une époque où l’accès au site était interdit aux européens sous peine de mort ; une traduction non censurée des Mille et une nuits (communément appelé Les nuits arabes en anglais suite aux premières traductions de la version française d’Antoine Galland) ; la publication du Kama Sutra en anglais ; et une expédition à la recherche des sources du Nil en compagnie de John Hanning Speke, lors de laquelle ils furent les premiers européens à visiter les Grands Lacs africains. […]
    Burton fut capitaine dans l’armée de la Compagnie des Indes Orientales, pour laquelle il servit en Inde (puis par la suite, brièvement, durant la Guerre de Crimée). Il fut ensuite engagé par la société géographique royale pour explorer la côte orientale de l’Afrique et dirigea une expédition, guidé par des indigènes, à l'issue de laquelle il fut le premier européen à voir le lac Tanganyika. Plus tard, il servit en tant que consul britannique à Bioko, à Santos, à Damas, et enfin à Trieste. Il était membre de la société géographique royale et fut nommé chevalier (KCMG) en 1886.

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    Sir Richard Burton

    Pour résumer, Weybright, le fondateur de New American Library – la compagnie parente de New English Library – a également fondé une société liée aux services secrets qui comptait parmi ses membres l’un des espions les plus actifs de tous les temps, Burton.

    En 1963, New American Library commença à publier des œuvres originales, telles que la série à succès des James Bond 007 de Ian Fleming. NAL publia aussi la New American Review et New World Writing. Les auteurs les plus célèbres publiés par New American Library et listés par Wikipedia sont : Arthur Koestler, Flannery O'Connor, George Orwell, James Joyce, Mickey Spillane et William Faulkner. Je sais que trois espions avérés figurent dans cette liste, mais Miles Mathis en a peut-être révélé d’autres dans ses articles. [Note de Miles Mathis : nous pouvons supposer que ce sont tous des espions]

    Je me suis demandé si quelqu’un avait établi des liens entre New American Library, New English Library, leur maison-mère Times Mirror Company, et la CIA. Sans surprise, j’ai découvert ce passage écrit par Marshall Thomas à propos de l’opération Mockingbird, à la page 59 de son livre Monarch: The New Phoenix Program :

    Franklin Murphy est le président de Times Mirror Square, la maison-mère du Los Angeles Times. Il est également membre du Foreign Intelligence Advisory Board, [ndt : conseil consultatif pour le renseignement étranger auprès du président américain] de la Federal Commission on Government Security, du National War College et de l’US Air University. Ses liens avec la CIA et le Pentagone représentent un conflit d’intérêts. Les pages éditoriales du journal sont remplies « d’experts » venant de « groupes de réflexion » qui pondent des éditoriaux à la chaîne pour programmer l’opinion publique en faveur de clients issus du complexe militaro-industriel. [Note de Miles Mathis : il s’agit peut-être de l’information la plus importante de cet article. Relisez-la plusieurs fois pour bien vous en imprégner]

    Un type du nom de Joseph Pearce apparaît aussi dans le documentaire de la BBC sur les skinheads. Pearce est un ancien dirigeant des jeunesses du National Front, désormais « repenti », et qui a rejeté ses anciennes croyances :

    Pearce attribue en partie sa conversion religieuse de 1989, passant d’un agnosticisme marqué par la culture protestante au catholicisme romain, à la lecture de G. K. Chesterton, dont il a par la suite rédigé la biographie. Il rejette à présent ses anciennes convictions, déclarant que le racisme trouve son origine dans la haine, et que sa conversion a complètement changé sa vision du monde.

    Depuis 2014, Pearce est directeur du centre pour la foi et la culture de l’Aquinas College de Nashville, dans le Tennessee. Il est fort possible qu’il ait pu changer de mode de vie, mais ce ne serait pas la première fois qu’un espion se « retire » d’un rôle pour donner l’impression de faire l’exact opposé de ce qu’il faisait durant son engagement précédent (plutôt que de simuler sa mort lorsque le rôle qu’il jouait a fini de remplir sa fonction). [Note de Miles Mathis : en effet, Pearce a tout l’air d’une taupe. Il va sans dire que la plupart des skinheads n’écrivent pas ensuite des biographies sur des gens célèbres. S’ils étaient capables d’écrire un livre, ils ne pourraient pas trouver d’éditeur, à moins de rejoindre les rangs du MI6 ou d’épouser un membre de la noblesse anglaise. J’ai montré que les Pearce, le plus souvent orthographié Pierce, sont une des familles dominantes.]

    Le mouvement skinhead est désormais universellement considéré comme un mouvement raciste ; il a des membres dans le monde entier (jusqu’en Malaisie) qui adhèrent à ces croyances. Les premiers skinheads britanniques sont attristés de cette situation, eux qui n’étaient pas racistes mais ouverts à tous, aimaient la bonne musique, et ont été horrifiés en voyant que leur culture était entraînée du côté obscur par les groupes d’extrême-droite. Ils ont mené de nombreuses tentatives pour reprendre le terme skinhead aux racistes, en particulier avec des sous-genres musicaux comme la Oi !, le 2 Tone ou le Ska Punk.

    Certains fans de Oi ! furent impliqués dans des organisations nationalistes blanches comme le National Front et le British Movement, ce qui incita certains critiques à rejeter l’ensemble du mouvement Oi ! comme étant raciste. Toutefois, aucun des groupes ayant appartenu à la scène Oi ! originale ne faisait la promotion du racisme ou de l’extrême-droite. Certains groupes de Oi !, tels que Angelic Upstarts, The Business, The Burial et The Oppressed, étaient associés à la politique de gauche et à l’anti-racisme, tandis que d’autres étaient apolitiques.

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    Le 2 Tone fut une résurgence du ska dans le Royaume-Uni de la fin des années soixante-dix, menée par Jerry Dammers et The Specials. Il fusionnait la musique ska avec le punk-rock. Son nom provient du label créé par Dammers, 2 Tone Records, ainsi que de la volonté de transcender et de désamorcer les tensions raciales dans la Grande-Bretagne thatchérienne.

    Bien que ces groupes et ces fans soient parvenus à démontrer que tous les skinheads ne sont pas racistes, ils n’ont, au final, pas réussi à supprimer la coloration raciste du mouvement skinhead.

    Les principales organisations qui composent l’extrême-droite britannique sont le National Front, la British Union of Fascists et le British National Party. Elles pourraient bien être elles aussi des créations des services de renseignement.

    Les principales figures de ce mouvement qui méritent d’être étudiées sont Oswald Mosley, Arnold Leese, A. K. Chesterton, John Tyndall & Colin Jordan.

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    Commençons par Arnold Leese, qui provient d’un milieu très aisé, étant le neveu du baron Sir Joseph Francis Leese. Il travailla en Afrique et en Inde en tant que vétérinaire, et était reconnu sur le plan international comme le principal expert sur le chameau. Le nom Leese remonte à plusieurs siècles, et a des ramifications aux États-Unis. Wikipedia nous apprend que :

    À Stamford, Leese se rapprocha d’un de ses voisins, l’économiste Arthur Kinston, qui était également membre du groupe The Britons. Kitson persuada Leese que le contrôle de l’argent était la clé du pouvoir, et le convainquit ensuite que l’argent était contrôlé par les juifs ; Kitson fournit aussi à Leese un exemplaire des Protocoles des sages de Sion.

    Miles a évoqué les Protocoles dans cet article, dans lequel il montre qu’il s’agissait d’un faux rédigé par l’aristocratie.

    Le groupe The Britons prétendait que son objectif était de se débarrasser de tous les juifs présents en Grande-Bretagne et de les forcer à émigrer en Israël. Comme nous le savons, cet objectif était partagé par les sionistes.

    Leese quitta les British Fascists en 1928 pour créer son propre mouvement, l’Imperial Fascist League (IFL), l’année suivante. En 1932, Oswald Mosley approcha Leese pour absorber l’IFL dans sa propre British Union of Fascists et, alors que les relations entre les deux hommes furent dans un premier temps cordiales, Leese attaqua rapidement Mosley pour son incapacité à traiter de la « question juive ».

    Paul Cox nous apprend que « L’animosité entre les deux groupes atteignit par la suite son point culminant lorsque le BUF utilisa la violence pour disperser une réunion de l’IFL en novembre 1933, en utilisant des matraques en caoutchouc et des coups-de-poing américains, et Leese lui-même fut frappé par les chemises noires de Mosley. » Bien que Mosley aurait prétendument réprimandé ses troupes pour cette explosion de violence entre fascistes, ce ne fut pas un incident isolé ; les chemises noires attaquèrent également les British United Fascists (1933), les Social Credit Greenshirts (1936) et la National Socialist League (1937). [Note de Miles Mathis : nous pouvons supposer que tout ceci a été mis en scène, pour faire exploser ces fausses organisations de l’intérieur – sur le même modèle que pour les organisations communistes américaines au début du XXème siècle. Voir mon article sur Eugene Debs.]

    D’après Richard Thurlow dans Fascism in Britain: A History 1918-1985, p. 97 : « Pour Leese, Mosley était un ‘‘fasciste kasher’’, un agent juif infiltré pour discréditer l’intégralité du concept de fascisme en Grande-Bretagne ; pour Mosley, Leese n’était rien de plus qu’un cinglé antisémite. » [Note de Miles Mathis : oui, précisément. Ils étaient tous les deux des agents infiltrés, contrôlant l’opposition par l’intermédiaire de ces faux groupes.]

    D’après Peter Barberis, John McHugh et Mike Tyldesley dans leur Encyclopedia of British and Irish Political Organizations - Parties, Groups and Movements of the 20th Century : « [les idées de Leese] allaient jusqu’à proposer dès 1935 le meurtre de masse des juifs en utilisant des chambres à gaz » ; nous pouvons donc supposer que les nazis lui ont emprunté cette idée. [Ndt : à l’origine, le zyklon B était utilisé en grande quantité dans les camps de concentration pour désinfecter les vêtements des déportés, et ainsi prévenir les épidémies. Ce n’est qu’après l’adoption de la solution finale en 1942 que les nazis, pour des raisons purement pratiques, se sont servis du stock de zyklon B présent dans les camps pour tuer les déportés, s’inspirant peut-être de l’état de l’Arizona qui utilisait le zyklon B pour exécuter les condamnés à mort dès les années vingt.]

    Leese fut l’une des dernières figures du mouvement fasciste à être interné au Royaume-Uni au début de la Seconde Guerre Mondiale, suite à l’adoption de la Defence Regulation 18B. Leese, qui affirmait que sa loyauté allait avant tout à la Grande-Bretagne, avait été quelque peu critique envers Adolf Hitler depuis le début de la guerre, et avait réagi avec une colère teintée d’amertume lorsqu’un ordre d’internement fut prononcé contre lui en juin 1940. [Note de M.M. : nous pouvons supposer que l’internement de Leese a été simulé, tout comme l’a été l’emprisonnement de Manson.]

    Peu après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Leese créa son propre « Bureau d’Informations Juives » et publia son propre journal, Gothic Ripples, qui se consacrait en grande partie à des attaques envers les juifs.

    L’amiral Sir Barry Domvile, ancien directeur du renseignement naval de 1927 à 1930 et président du Royal Naval College de 1932 à 1934, aurait lui aussi été interné. [Note de M.M. : mais bien sûr, ils ont interné le directeur du renseignement naval. Qui peut croire ce genre de choses ?]

    Domvile s’est retiré de la scène publique dans l’après-guerre. Il avait été un soutien de la League of Empire Loyalists, mais n’avait jamais été plus qu’une figure secondaire de ce groupe. Il fut membre du « conseil national » du National Front depuis la création du parti en 1967 jusqu’à sa mort en 1971. Nous avons donc un lien entre le National Front et le renseignement naval. [Note de M.M. : c’est là aussi l’une des informations les plus importantes de cet article. Relisez-la encore et encore.]

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    Sir Oswald Mosley

     La biographie d’Oswald Mosley est bien connue. Il est né à Mayfair [ndt : un quartier huppé de Londres] d’une famille noble, et était un parent de la reine par son grand-père Claude Bowes-Lyon. [Ndt : Elizabeth II est la petite-fille du comte Claude Bowes-Lyon par sa mère] Il aurait servi dans les tranchées durant la Première Guerre Mondiale, aurait été blessé, puis passa le reste de la guerre dans des emplois de bureau au ministère des munitions et au ministère des affaires étrangères. Il épousa Lady Cynthia Curzon, fille de Lord Curzon, l’un des hommes les plus riches d’Angleterre. Curzon fut le vice-roi d’Inde et un membre de la très influente Milner / Rhodes Round Table.

    Wikipedia nous dit que :

    Il a fallu convaincre Lord Curzon que Mosley était un époux acceptable, étant donné qu’il soupçonnait Mosley d’être avant tout motivé par l’avancement de sa carrière au parti conservateur et par l’héritage de sa fille. Le mariage de 1920 eut lieu à Londres dans la chapelle royale du palais de St. James, et fut probablement le principal événement mondain de l’année. Parmi les centaines d’invités se trouvaient des têtes couronnées comme le roi George V et la reine Mary, et le duc de Brabant (par la suite Leopold III, roi des belges) et sa femme Astrid de Suède, duchesse de Brabant.
    [Ndt : Mosley fut le plus jeune élu de l’histoire de la Chambre des Communes en 1918, sous l’étiquette du parti conservateur. Il fut réélu aux élections de 1926, cette fois sous l’étiquette du parti travailliste, avant de devenir membre du gouvernement travailliste en 1929. Wikipedia nous apprend que « Mosley et son épouse Cynthia furent des socialistes fabiens engagés durant les années vingt et au début des années trente. Mosley apparaît dans des listes de membres de la société fabienne dans Fabian News et dans le Fabian Society Annual Report 1929-1931. » Sa conversion au fascisme eut lieu après un voyage dans l’Italie de Mussolini, qui fut suivi de la création de la British Union of Fascists en 1932]

    Pour résumer, des têtes couronnées venues de toute l’Europe participèrent au mariage de Mosley, mais cela ne l’a pas empêché d’avoir une liaison avec la sœur de son épouse, et même avec sa belle-mère ! Lord Curzon était peut-être homosexuel, puisqu’on nous dit que :

    À Eton, il fut le favori d'Oscar Browning, une relation trop intime qui conduisit au renvoi de son tuteur.

    Pour information, la mère de Lady Cynthia est née Mary Victoria Leiter, fille de Levi Ziegler Leiter (cofondateur de l’empire de la vente au détail Marshall Field & Company) et de Mary Theresa Carver. On nous dit qu’ils étaient mennonites ou luthériens, mais si l’on suit la branche matrilinéaire de Cynthia, findagrave.com ne donne aucun résultat après son arrière grand-mère. geni.com nous dit que cette dernière est la fille de Jedediah Lathrop, Sr. et d’Abigail Lathrop, dont les frères se nomment Israel, Jedidah, Ephraim, Zerviah, Pamelia et Daniel. Tirez-en les conclusions que vous voulez. En poursuivant plus loin dans l’arbre généalogique, nous obtenons les noms de famille Hyde, Waddell, Billings et Savage. Ce n’est pas une preuve définitive, mais il y a certainement une possibilité que la première femme de Mosley ait été juive. [Note de M.M. : Levi Ziegler Leiter, un mennonite ? De qui se moque-t-on ?]

    Lady Cynthia décéda d’une péritonite en 1933, après quoi Mosley épousa sa maîtresse Diana Guinness, née Mitford (1910-2003). [Ndt : Diana Mitford venait de divorcer d’avec le baron Walter Guinness, héritier de la célèbre marque de bière, avec lequel elle eut deux enfants] Ils se marièrent en secret en Allemagne le 6 octobre 1936, dans la demeure berlinoise du ministre de l’éducation du peuple et de la propagande, Joseph Goebbels. Adolf Hitler était l’un des invités.

    La vérité sur les invités du mariage de Mosley, tout comme sur la famille Mitford, a été révélée dans divers articles de Miles.

    Deux jours avant son mariage avec Diana Mitford, Mosley était présent dans l’East End de Londres pour ce qui sera connu par la suite comme la bataille de Cable Street. 3 000 fascistes firent face à 200 000 juifs, irlandais, communistes, anarchistes, syndicalistes, et anti-fascistes londoniens de tous horizons. 6 000 policiers étaient présents.

    La bataille de Cable Street fut un des principaux facteurs qui amenèrent au vote de la loi sur l’ordre public de 1936, qui imposait l’autorisation de la police pour l’organisation de défilés politiques et interdisait le port d’uniformes à caractère politique dans l’espace public. Cette loi est généralement considérée comme l’une des principales raisons du déclin politique de la British Union of Fascists avant la Seconde Guerre Mondiale. [Note de M.M. : nous pouvons supposer que la bataille de Cable Street fut une mise en scène. Je pense que les lecteurs commencent à comprendre le lien entre les skinheads et ces fascistes issus de l’élite. Le mouvement était entièrement faux, du sommet à la base, avec des aristocrates crypto-juifs qui composaient les plus hauts niveaux de ces organisations de façade, tandis que des gamins pauvres étaient recrutés, entraînés, et payés pour mener des actions aux niveaux inférieurs. Certains de ces derniers ont pu rejoindre le mouvement pour « s’amuser », mais nous pouvons penser que les chefs ont été désignés par le pouvoir.]

    Un article de Daniel Tilles paru en octobre 2011 dans History Today soutient que l’idée selon laquelle la bataille de Cable Street représenta un revers pour la British Union of Fascists est erronnée :

    Les archives d'époque, en contraste avec les souvenirs romancés de ceux présents du côté anti-fasciste, racontent une histoire différente. [...] Les manifestants de Cable Street, et leurs successeurs dans le mouvement anti-fasciste, ont, de façon compréhensible, éprouvé de la fierté au vu de leurs réalisations ce jour-là. Pourtant, loin de marquer le début de la fin pour le fascisme en Grande-Bretagne, ou même dans l'East End, la manifestation permit à la BUF d’effectuer une poussée significative sur le court terme, et ne réussit pas à l’entraver sur le long terme. Il est vrai qu’elle permit de montrer toute l’étendue de l’hostilité envers Mosley, en confirmant que ses ambitions politiques ne se réaliseraient jamais. Mais ceci était évident depuis bien longtemps. En 1936, la BUF n’avait pas d’autre horizon que d’être une nuisance sur le plan local, mais sans réel poids sur le plan national. Tout aussi louables qu’ont pu être les motivations des participants juifs ce jour-là, la conséquence principale de leurs actions fut de rendre la vie de leurs coreligionnaires juifs vivant dans l’East End beaucoup plus difficile, leur implication étant utilisée comme justification pour débuter l’une des phases les plus intensives de l’activité antisémite de l’histoire britannique moderne.

    ➤ Les skinheads
    La bataille de Cable Street – les habitants de l’Est de Londres rejoignirent Cable Street le 4 octobre 1936 et repoussèrent le défilé du fasciste Oswald Mosley et de ses chemises noires à travers les rues de l’East End. « Ils ne passeront pas »

    Nous apprenons donc que cet événement, en dépit de son « échec », parvint malgré tout à faire la promotion des fascistes, et que la police obtint une nouvelle législation lui offrant des moyens de contrôle contre les manifestations, y compris les manifestations pacifiques et légitimes, qui est toujours en vigueur aujourd’hui. Voilà qui est bien pratique.

    On nous dit que Mosley fut détenu à la prison de Holloway durant la guerre. Son épouse Diana Mitford fut elle aussi brièvement emprisonnée après la naissance de leur fils Max ; [ndt : Max Mosley fut président de la Fédération Internationale de l’Automobile de 1993 à 2009] ils vécurent ensemble pendant la majeure partie du conflit dans une maison située dans les murs de la prison de Holloway. Les Mosley furent libérés en 1943, alors que Mosley souffrait d’une phlébite, et furent placés en résidence surveillée jusqu’à la fin de la guerre.

    Après la guerre, Mosley fut contacté par ses anciens soutiens (ou par ses mentors ?) qui le convainquirent de retourner à la politique. Il créa l’Union Movement, qui appelait à la formation d’un seul état-nation sur le continent européen (sous le slogan « Europe une nation ») et tenta par la suite de lancer un parti nationaliste en Europe pour atteindre ce but. Le fasciste Allen Dulles [ndt : directeur de la CIA de 1953 à 1961] avait un projet similaire nommé l’ACUE. Il est probable que Mosley aurait été satisfait de ce qu’est devenue l’Union Européenne de nos jours.

    Nous trouvons un dernier signal d’alerte sur Mosley sous la forme d’un débat tenu à l’University College London sur l’immigration en provenance du Commonwealth, où est intervenu un jeune David Irving, que Miles a identifié comme étant un « anti ». [Ndt : David Irving est un célèbre négationniste – un « anti » est, selon Miles Mathis, un agent des services de renseignement dont la fonction est de dire la vérité, au moins partiellement, tout en rendant cette vérité inacceptable pour le grand public par un comportement outrancier. Ezra Pound est le premier « anti » identifié par Mathis.]

    ➤ Les skinheads

    Concernant Arthur Kenneth Chesterton (ci-dessus), [ndt : à ne pas confondre avec l’auteur G. K. Chesterton] un proche de Mosley et de la BUF, dont il devint directeur de la publicité et de la propagande, nous découvrons que sa femme était une socialiste fabienne.

    Ce Chesterton devint aussi membre de The Right Club, un groupe fondé en mai 1939 dans le but d’unifier les diverses organisations composant l’extrême-droite britannique. Archibald Ramsay, le fondateur de cette société à l’antisémitisme virulent, expliqua l’idéologie de cette dernière ainsi que ses buts :

    L'objet principal de The Right Club est de s'opposer à la juiverie organisée et d'en exposer les activités, à la lumière des éléments qui sont parvenus à ma connaissance en 1938. Notre premier objectif fut de débarrasser le parti conservateur de l'influence juive, et l'esprit de nos réunions et de nos membres était de se tenir strictement à cet objectif.

    Le président de The Right Club était Arthur Wellesley, duc de Wellington, ce qui cadre bien avec les théories de Miles sur un conflit au long cours entre l’aristocratie terrienne et les marchands / industriels / financiers. [Note de M. M. : sauf que dans ce cas, les anti-juifs ressemblent à de l’opposition contrôlée, et les aristocrates impliqués ont l’air de crypto-juifs. L’affrontement décrit dans cet article est une manipulation fabriquée de toutes pièces. Ce qui valait dans la première partie de l’article pour les skinheads de la base vaut également pour ces faux fascistes placés aux échelons supérieurs.]

    Chesterton a combattu dans les deux guerres mondiales. Nous pouvons donc supposer que ses activités à l’extrême-droite n’ont pas fait de lui un ennemi de l’état. Après la Seconde Guerre Mondiale, il devint l’un des cofondateurs du National Front, qu’il dirigea pendant une courte période.

    Quant à Colin Jordan, il aurait tenté de s’engager dans la Royal Air Force durant la Seconde Guerre Mondiale, mais aurait été rejeté pour atterrir au Royal Army Educational Corps. Démobilisé en 1946, il étudia ensuite au Sydney Sussex College de Cambridge, où il obtint un diplôme en histoire en 1949, terminant deuxième de sa promotion. La même année, il devint enseignant à la Stoke Secondary Modern Boys School de Coventry. Il rejoignit la League of Empire Loyalists pour laquelle il devint le dirigeant pour la région des Midlands.

    Jordan avait créé un club nationaliste à Cambridge, après quoi il fut invité à rejoindre l’éphémère British Peoples Party, un groupe composé d’anciens membres de la British Union of Fascists et dirigé par Lord Tavistock, héritier du duc de Bedford. Jordan se rapprocha de Leese, ce dernier lui léguant par testament une maison à Notting Hill qui devint la base d’opérations de la White Defence League, que Jordan créa en 1956. Jordan fusionna ensuite ce parti avec le National Labour Party pour former le British National Party en 1960, qu’il quitta suite à une querelle avec John Bean, qui s’opposait à la défense du national-socialisme par Jordan.

    Jordan fonda ensuite le National Socialist Movement en 1962 (qui devint par la suite le British Movement en 1968) avec John Tyndall. Une réunion de ses soutiens tenue le 2 juillet 1962 fut perturbée par des opposants que Jordan décrivit comme « des juifs et des communistes », ce qui provoqua une émeute. Il fut renvoyé en août 1962 de l’école de Coventry où il enseignait par le conseil d’administration de l’école, après une période de suspension qui avait débutée avec les événements de Trafalgar Square. Dans les années qui suivirent, il s’attaqua à l’immigration et au « contrôle juif » sur la politique, les affaires et les médias. Dans son système de pensée, la démocratie était « la méthode parfaite pour détourner les gens de toute évaluation critique des juifs ». Il déclara : « la démocratie, c’est la mort ».

    Jordan organisa en août 1962 une conférence internationale des nationaux-socialistes dans le village de Guiting Power, dans le Gloucestshire. Elle aboutit à la formation de la World Union of National Socialists, dont Jordan fut le dirigeant de la section européenne durant les années soixante, et à laquelle il fut nommé « World Führer », avec comme adjoint George Lincoln Rockwell, le fondateur du parti nazi américain. [Note de M.M. : souvenez-vous que Rockwell faisait partie de l’Office of Naval Intelligence (ndt : le service de renseignement de la marine américaine)]

     ➤ Les skinheads
    Colin Jordan et son épouse Françoise Dior

    Jordan épousa Françoise Dior, ex-épouse du comte Robert-Henry de Caumont La Force et nièce du couturier Christian Dior, en octobre 1963. Le mariage entre Jordan et Dior fut bref, cette dernière annonçant la séparation du couple en janvier 1964. Elle affirmait que Jordan était devenu « bourgeois ». Il semble avoir été impliqué dans la plupart des partis d’extrême-droite de la période post-Mosley, ce qui, s’il faisait lui aussi partie de l’opposition contrôlée, s’accorderait bien avec les recherches de Miles sur George Lincoln Rockwell. *

    Fils d’un postier, Jordan fut éduqué à la Warwick School puis à Cambridge. Son mentor fut Arnold Leese qui, nous l’avons vu, s’était opposé à Sir Oswald Mosley dans l’entre-deux-guerres, qualifiant ce dernier de « fasciste kasher ». Par la suite, Mosley railla Jordan et d’autres personnalités du même type, les traitant de « pygmées tentant d’enfiler les bottes de géants décédés ».

    ➤ Les skinheads

    Arrêtons-nous brièvement sur le cas de John Tyndall (ci-dessus), [ndt : qui fut fiancé avec Françoise Dior en 1962] dont nous nous apercevons qu’il fut membre de la quasi-totalité des groupes composant l’extrême-droite britannique, en particulier le BNP qu’il dirigea jusqu’à son remplacement par Nick Griffin. Les principaux signaux d’alerte le concernant proviennent de sa famille, qui servit pendant plusieurs générations dans la police royale irlandaise, les forces de police qui oppressèrent les irlandais durant l’occupation de l’Irlande. Nous apprenons par Wikipedia qu’il fit son service militaire de 1952 à 1954 dans l’Allemagne occupée, et qu’il développa un intérêt pour le socialisme, suffisamment longtemps pour assister à un festival international de la jeunesse qui eut lieu en Union Soviétique en 1957. Cependant, il déclara par la suite qu’il n’avait jamais fait partie d’aucune organisation socialiste et qu’il considéra rapidement les orientations politiques de gauche comme anti-patriotiques et anti-nationalistes. Tout va bien, donc.

    Mais le signal d’alerte le plus important est l’association de Tyndall (tout comme Jordan) avec le néo-nazi américain George Lincoln Rockwell et la fausse néo-nazie convertie à l’hindouisme Savitri Devi, que Miles Mathis a tous deux identifiés comme des agents.

     

    *~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*

     

     [Ndt : traduction d’un extrait de l’article de Miles Mathis, Eustace Mullins was an anti, dans lequel Mathis évoque le cas de George Lincoln Rockwell, l’une des principales figures du néo-nazisme américain d’après-guerre :]

    Nous pouvons aussi examiner l’American Nazi Party, qui se trouve avoir été fondé par un commandant de l’US Navy. Eh oui, l’American Nazi Party est une création de l’ONI, l’Office of Naval Intelligence (le service de renseignement de la marine américaine). Je vous encourage à faire un tour sur la page Wikipedia de George Lincoln Rockwell pour vous amuser un peu.

    ➤ Les skinheads

    Il fume une pipe en épis de maïs ! Oi vay. Mais avant d’en venir à ce dernier point, je vous rappelle que la famille Rockwell est apparue dans mon dernier article. Le premier amour de F. Scott Fitzgerald aurait été Ginevra King. Son père était Charles Garfield King, et sa grand-mère était une Rockwell. Norman Rockwell provient de la même famille, ainsi que George Lincoln Rockwell. Il est également issu de la famille Lincoln. Le nom de jeune fille de sa mère est Schade. Ses deux parents étaient des acteurs de vaudevilles (tout comme le sera Georgie par la suite). Parmi les amis de son père, on trouvait Jack Benny, Groucho Marx, Fred Allen, Benny Goodman, et Walter Winchell. Parviendrez-vous à deviner ce qu’ils avaient en commun ? Non, ce n’étaient pas des esquimaux.

    Benny Goodman était juif et avait épousé une Vanderbilt, vous vous souvenez ? Le père de Walter Winchell était Jacob Winchell et sa mère Jennie Bakst, deux juifs russes. Et ainsi de suite. [...]

    George Rockwell a épousé Judith Aultman. Oui, c’est un nom juif.

    Bien que Rockwell ait été impliqué dans ce projet néo-nazi créé par les services de renseignement dès 1950, la Navy a détourné le regard sur ses activités pendant près d’une décennie. On nous dit qu’il est devenu un admirateur d’Hitler alors qu’il se trouvait à San Diego. Ce devait être vers 1950, puisqu’il y fut transféré au début de la Guerre de Corée. Rockwell devait prendre sa retraite en 1961, et on nous dit que la Navy a finalement découvert la nature de ses activités politiques en 1960, décidant alors de le décharger de ses fonctions dans l’armée au cours d’une affaire qui fut bruyamment et largement rapportée dans les médias, et dont Rockwell lui-même a curieusement fait encore plus la promotion que la Navy. Mais il s’agissait d’une décharge avec les honneurs, voyez-vous.

    On s’amusera aussi à relever que Rockwell aurait étudié l’art à Pratt en 1946. Notez la date. Il aurait quitté Pratt quelques mois avant d’obtenir son diplôme, partant pour le Maine pour y créer sa propre société de publicité. La Guerre de Corée éclata alors, et il fut remobilisé. Mais en 1955, il trouva un moyen de combiner ses deux carrières. Il créa un magazine de l’armée destiné aux femmes de militaires, nommé US Lady. Je n’invente rien. En tant que rédacteur en chef, Rockwell pouvait inclure dans le magazine ses vues sur son opposition au communisme ainsi que sur son opposition à l’intégration raciale. Puisqu’il s’agissait d’un magazine de l’armée, la hiérarchie militaire devait donner son accord pour ce projet, et valider le contenu éditorial. Apparemment, le faux engagement de Rockwell dans le nazisme ne leur posait pas de problème à ce moment-là.

    En 1967, Rockwell aurait été assassiné par un de ses nazis. C’était une grosse comédie. L’homme en question, John Partler, aurait passé huit ans en prison. J’espère que vous avez noté ce numéro. Partler était un Marine. Rockwell aurait été tué alors qu’il quittait une laverie. Bien sûr. Ce type issu d’une riche famille lavait son linge à la laverie. Dans le même registre burlesque, l’armée a approuvé un enterrement militaire au Culpeper National Cemetery, et a autorisé les faux nazis à y assister. Une bagarre générale, visiblement entièrement planifiée, s’en est ensuivie, au cours de laquelle le corbillard aurait été « accidentellement » renversé par un train. Bien entendu, Rockwell fut incinéré.


  • Commentaires

    1
    Chutzpah Erikson
    Mercredi 15 Mars à 05:13

    Encore merci pour ce genre de traduction. Par contre petit reproche, je ne peux concevoir que vous ayez étudié longuement et sérieusement la question de la Shoah.

    Mettons juste les Faurisson et autres de côtés. Si on applique la méthode de Miles Mathis, les versions officielles sont remplies de signaux rouges. Personnellement le cas de Treblinka est un énorme foutage de gueule.

    J'en dis pas plus mais comme vous vous êtes senti obligé de préciser vers le milieu avec votre note "Ndt" sur la solution finale et le Zyklon B.

    Je ne vous reproche pas d'être un croyant là dessus ou alors vous préfèrez ne rien dire là dessus et ce n'est pas plus mal. Mais cette note on s'en serait bien passé quoi. Miles Mathis a lui même fait des bulletins révisionnisme me semble.

    Rassurez-vous je ne suis pas un troll et est un fan de votre site qui vous a déjà repris.

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    2
    Mercredi 15 Mars à 14:33

    Bonjour,

    concernant cette note, je voulais simplement préciser qu'il était peu probable que les nazis se soient inspirés des idées de Leese lorsqu'ils ont utilisé le zyklon B.

    Sur la shoah, mon opinion est qu'il y a bien eu une élimination de masse des juifs durant la Seconde Guerre Mondiale, les zones d'ombre se situant sur le nombre exact de juifs tués (le fameux "6 millions de morts" est probablement erroné) et sur les objectifs réels du génocide.

    J'avoue cependant ne pas être un expert sur cette question. La censure légale et les manoeuvres de l'opposition contrôlée (cf. David Irving, cité dans l'article) rendent difficile toute recherche historique sérieuse. Je dirai simplement que la présence de C.D. Jackson, à l'époque chef de la division des opérations de guerre psychologique de l'armée alliée, lors de la libération du camp de Buchenwald m'amène à me poser quelques questions...

      • Chutzpah Erikson
        Mercredi 15 Mars à 17:22

        Tout comme Hitchcock à Dachau... J'ai pas encore lu l'article de M.M sur Irving mais rien que de voir son attitude lors de son procès face à Deborah Lipstadt semble indiquer qu'il est bien un anti car le type ne maitrisait pas du tout son sujet et a fait passé les révisionnistes pour des guignols menteurs.

        Arf moi aussi je croyais que c'était juste une histoire de chiffres mais tout comme avec le prétendu génocide arménien, on se rends compte qu'il y'a encore plus que cela. A titre personnel, si voulez étudier un minimum le sujet, je vous conseillerai "Un tiers de l'holocauste" de Denierbud et "Holocauste, pourquoi nous y avons cru" de Eric Hunt, le tour en VOSTFR, j'évite de mettre des liens ici mais le tout est facilement trouvable.



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