Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Articles récents

➤ L'attaque des nanobots

19 Octobre 2022 , Rédigé par Triangle

Votre cerveau est le champ de bataille.

 

Cette vidéo est une compilation d'extraits d'une conférence donnée par le dr. James Giordano à l'académie militaire de West Point en 2018 (voir la conférence complète en anglais).

Le dr. Giordano, un neuroscientifique qui collabore, entre autres, avec le DARPA, le département de R&D de l'armée américaine, y explique aux futurs officiers américains quels sont les derniers développements des neurosciences, et leurs applications sur le plan militaire.

Les anglophones pourront regarder une autre conférence donnée en 2018 sur le même thème, toujours à West Point.

Lire la suite

➤ Le rôle de la Russie dans la crise migratoire

1 Juin 2020 , Rédigé par Triangle

Vladimir Poutine est adulé par la plupart des médias dits « alternatifs », et est souvent considéré comme le dernier espoir de l'Occident blanc et chrétien par une large part de la mouvance issue de l'extrême-droite, du souverainisme et de l'alt-right.

La vidéo qui suit montre pourtant que la Russie de Poutine n'hésite pas à se servir de la crise migratoire pour déstabiliser l'Europe.

Se pourrait-il que le maître du Kremlin, élevé à la bonne vieille école du KGB d'Andropov, joue un double jeu, et ne soit pas le sauveur espéré par l'extrême-droite occidentale ?

Note :  l'auteur de la vidéo, Vigilante Intelligence, considère qu'il existe une continuité entre l'URSS et la Russie poutinienne (une opinion que je partage) ; il n'hésite donc pas à parler de « soviétiques » pour qualifier les Russes, ou de « KGB » pour désigner le FSB. 

Les anglophones pourront regarder les autres vidéos de Vigilante Intelligence, notamment celles évoquant l'infiltration de l'alt-right, de l'extrême-droite et des médias alternatifs par la Russie à des fins de subversion (partie 1, partie 2), ainsi que son enquête sur les liens entre la Russie, Israël et le mouvement sioniste en général.

Lire la suite

➤ Le manuel des combattants de la liberté

9 Janvier 2020 , Rédigé par Triangle

En 1983, une guerre civile ensanglante le Nicaragua. Les Contras, soutenus par les États-Unis, s'opposent au FSNL, le parti sandiniste au pouvoir soutenu par l'U.R.S.S.

Parmi les nombreuses formes de soutien utilisées par les U.S.A. pour favoriser les Contras, on trouvait bien entendu la livraison d'armes (voir à ce sujet le scandale « Iran-Contra »), mais aussi l'emploi de méthodes moins conventionnelles telles que la distribution d'un « manuel des combattants de la liberté », édité par la C.I.A. et distribué par largage aéroporté sur le pays. Ce manuel détaille plusieurs techniques de sabotage pour semer le désordre dans la société civile et paralyser l'activité économique du pays ciblé.

Une belle source d'inspiration pour tous les amoureux de la liberté.

Télécharger le manuel original (anglais / espagnol)

Télécharger le manuel traduit en français

Lire la suite

➤ La crise de la science

31 Août 2019 , Rédigé par Triangle

Crise de la reproductibilité, crise de l'évaluation par les pairs, manipulation des données, fraude, corruption... La science est en crise. Ce documentaire de James Corbett nous en dit plus :

Vidéo originale, transcript et sources :
https://www.corbettreport.com/sciencecrisis/

Lire la suite

➤ Elon Musk redéfinit la réalité

18 Octobre 2018 , Rédigé par Triangle

En effet.

Mais je pense que nous pouvons faire confiance à Elon Musk, l'homme qui est appelé à gouverner la planète Mars, ainsi que l'avait prédit Wernher von Braun, le nazi visionnaire concepteur des V2 et des fusées Saturn, devenu collaborateur de Walt Disney par la magie de l'opération Paperclip, dans son livre prophétique Project Mars :

Le gouvernement martien était dirigé par dix hommes, leur chef étant élu pour cinq ans par suffrage universel et recevant le titre d' « Elon ». Deux chambres parlementaires votaient les lois qui devaient être appliquées par l'Elon et son gouvernement.
~ Wernher von Braun, Project Mars, p. 177

Oui, la voiture de l'espace est bien réelle. Tout autant qu'Elon Musk.

Lire la suite

➤ La fabrique de la guerre raciale

8 Octobre 2018 , Rédigé par Triangle

 

Membres de l’ADL et du Ku Klux Klan

Mordechai Levy, le chef du groupe dissident de la JDL, [ndt : Jewish Defense League, Ligue de Défense Juive, une organisation créée en 1968 dont le but avoué est de « protéger les juifs contre l’antisémitisme par tous les moyens nécessaires », qui fut classée comme organisation terroriste par le FBI en 2001] qui était parvenu à se montrer devant les domiciles d’Alex Odeh et Tscherim Soobzokov la veille de leur assassinat, maintenait des contacts fréquents avec Irwin Suall, le chef de la division de recherche de l’ADL. Seulement deux semaines avant l’attentat du 29 octobre 1985 contre les bureaux de l’ADC à Washington, [ndt : Arab-American Anti-Discrimination Committee, comité arabo-américain contre les discriminations] Levy s’était exprimé lors d’une conférence de presse tenue par la Fédération des Organisations Juives de Washington, une organisation cadre dirigée à la fois par l’ADL et le B’naï Brith, pour présenter une liste des « ennemis du peuple Juif ». L’ADC faisait partie des groupes cités.

Les provocations grotesques de Levy ont plus d’une fois failli révéler au grand jour l’implication de l’ADL dans les actes de violence perpétrés sur le sol américain.

Le 16 février 1979, Levy, utilisant pour cette occasion le pseudonyme « Guttman », déposa auprès de l’U.S. Park Service de Philadelphie une demande d’autorisation pour organiser une manifestation. La demande déposée par Levy/Guttman n’était pas faite au nom de la JDL. Levy se faisait passer pour un dirigeant de l’American Nazi Party cherchant à obtenir une autorisation pour une manifestation du Ku Klux Klan et du Parti Nazi au Hall de l’Indépendance, le site de la signature de la Déclaration d’Indépendance.

D’après le permis pour la manifestation, Levy voulait organiser une « manifestation suprémaciste blanche, pour montrer aux masses blanches l’unité de la race blanche, et pour montrer au monde que les nègres et les Juifs sont des lâches. » Parmi les accessoires listés par Levy dans la demande d’autorisation, on pouvait trouver : « des swastikas, des bannières, des uniformes nazis, des accessoires du KKK […] des croix en feu, des pancartes en forme de swastika disant ‘‘Hitler avait raison — gazons les Juifs communistes’’. »

Opérant depuis les bureaux de la JDL à Philadelphie, Levy organisa les chapitres locaux du KKK et les groupes néo-nazis pour qu’ils participent à la manifestation du Hall de l’Indépendance. Levy disposait d’un relais au KKK de Trenton, dans le New Jersey, en la personne de James Rosenberg, également connu sous les noms de « Jimmy Mitchell » et « Jimmy Anderson ». Rosenberg était un employé à plein de temps de la division de recherche de l’ADL qui avait réussi à infiltrer le chapitre local du Klan.

Rosenberg venait tout juste de tenter, sans succès, de pousser certains membres du KKK local à faire sauter le quartier général de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) à Trenton. [Ndt : la NAACP est une association de défense des droits des afro-américains] Au même moment où il se faisait passer pour le néo-nazi « James Guttman », Levy mobilisait par ailleurs la communauté juive et tous les groupes violents de la gauche radicale de la région de Philadelphie pour qu’ils participent à la manifestation du Hall de l’Indépendance afin qu’ils « s’opposent » au KKK et aux nazis. Tous les ingrédients étaient présents pour qu’on assiste à une émeute de grande ampleur — offerte gracieusement par l’ADL.

Heureusement, la presse de Philadelphie eut vent à temps de l’arnaque de Levy contre le Park Service, qui annula le permis de manifester lorsqu’un journal de Philadelphie titra : « L’organisateur de la manifestation nazie est en fait Juif ». Les supérieurs de Levy à l’ADL ordonnèrent alors à ce dernier de faire profil bas pendant un certain temps.

Après tout, il était inutile de compromettre le statut de Levy ou de Rosenberg en tant qu’agents provocateurs infiltrés au sein de l’extrême-droite raciste. L’ADL disposait de bien d’autres atouts dans sa manche, et ils n’étaient pas tous des agents infiltrés juifs.

 

Goodman, Cheney, Schwerner et l’ADL

L’un des épisodes les plus choquants de violence raciste qui eut lieu durant la bataille pour les droits civiques dans le Sud des U.S.A. au cours des années 60 fut l’exécution de trois militants pour les droits civiques à Philadelphie, dans le Mississippi, en 1964. Les meurtres d’Andrew Goodman, Robert Cheney et Mitchell Schwerner envoyèrent une onde de choc à travers l’Amérique, de nombreuses personnes commençant à réaliser que la Confédération, loin d’être anéantie, était au contraire bien portante et décidée à inverser le mouvement en faveur de l’égalité des droits pour toutes les races — au moins dans le Sud profond.

Fidèle à ses origines, qui remontent à la Juridiction Sud du Rite Écossais de la Franc-Maçonnerie et au complot sécessionniste de la Confédération, l’ADL, contrairement à ce qu’indique sa propre propagande, s’alignait strictement sur le Klan sur le plan qui comptait le plus : ses livres de comptes.

Un exemple particulièrement sordide de collusion entre l’ADL et le KKK apparut au grand jour sous la forme d’une pluie de balles qui s’abattit la nuit du 30 juin 1968 à Meridian, dans le Mississippi, devant le domicile du dirigeant de l’ADL, Meyer Davidson.

Lorsque la fumée se dissipa, une institutrice locale du nom de Kathy Ainsworth gisait, morte, et un homme dénommé Thomas A. Tarrants III était étendu, mourant, après avoir été visé par plus de 70 balles tirées par 22 policiers locaux et des agents du FBI. Tarrants survécut miraculeusement à l’attaque.

Tarrants et Ainsworth, tous deux membres du Klan local, avaient été piégés. Ils s’étaient rendus cette nuit-là au domicile de Davidson pour y déposer une bombe devant sa porte, ignorant que le dirigeant de leur propre chapitre du Klan les avait trahis, et qu’une petite armée composée de policiers et de tireurs d’élite du FBI était tapie dans les buissons pour leur tendre une embuscade.

L’affaire avait été entièrement montée par l’ADL. L’agent provocateur infiltré dans le chapitre local du KKK qui avait piégé Tarrants et Ainsworth était l’un des assassins de Goodman, Cheney et Schwerner. Cet agent était Alton Wayne Roberts qui, libéré sous caution, était dans l’attente de son procès en compagnie de six autres membres des Chevaliers Blancs du Ku Klux Klan pour les meurtres de Philadelphie dans le Mississippi, lorsqu’il conclut un accord avec le directeur régional de l’ADL, Adolph Botnick. Botnick, qui vivait à la Nouvelle-Orléans, était un ami de longue date de Guy Bannister, l’ancien agent spécial du FBI impliqué par le procureur Jim Garrison dans l’assassinat du président John F. Kennedy.

Botnick accepta de payer 69 000 $ à Alton Wayne Roberts et à son frère Raymond Roberts pour qu’ils deviennent des agents provocateurs stipendiés par l’ADL, et ce avec la bénédiction de l’agent spécial du FBI Frank Watts et de l’inspecteur de police Luke Scarborough, tous deux basés à Meridian. 25 000 $ en billets de vingt dollars furent remis aux frères Roberts à la Nouvelle-Orléans quelques jours avant l’embuscade menée contre Ainsworth et Tarrants.

À l’époque où fut conclu ce marché, les Chevaliers Blancs, dirigés par les deux frères Roberts, avaient commis une série d’attentats à la bombe au cours des neuf derniers mois. Les deux frères étaient les principaux suspects dans dix actes distincts de violence raciste, en plus des meurtres de Philadelphie. Trois de ces attaques avaient été dirigées contre des synagogues et des figures de la communauté juive du Mississippi.

Les frères Roberts, ainsi qu’ils l’avaient convenu avec Botnick, ordonnèrent à deux de leurs sous-fifres du Klan de déposer une bombe au domicile de Davidson. Ils informèrent ensuite le FBI et la police locale sur l’heure exacte à laquelle l’attaque devait avoir lieu.

En récompense de leurs bons et loyaux services envers l’ADL suite à l’attentat contre Davidson, les deux frères ne furent condamnés qu’à des peines mineures et furent intégrés au programme de protection des témoins du FBI. Alton Wayne Roberts passa moins de trois années derrière les barreaux pour sa participation dans les meurtres de Goodman, Cheney et Schwerner.

L’incident de Meridian était un classique de l’ADL. La Ligue s’est servie de « l’attaque raciste » contre Meyer Davidson pour récolter des fonds sous forme de dons. L’argent récolté couvrit plus que largement le coût du recrutement des deux membres du KKK en tant qu’agents provocateurs permanents à l’intérieur du Klan. La Ligue utilisa le financement des frères Roberts pour tisser des liens plus étroits que jamais avec le FBI, qui était ravi de voir l’ADL financer et diriger deux des terroristes les plus violents du Klan.

Lire la suite

➤ La CIA recrute

2 Septembre 2018 , Rédigé par Triangle

➤ La CIA recrute

 

 

« Les agents de la CIA travaillent en tant que scientifiques, personnel d'appoint, ingénieurs, économistes, linguistes, mathématiciens, secrétaires, comptables, inventeurs, cartographes, architectes, psychologues, agents de police, rédacteurs, designers graphiques, mécaniciens automobiles, historiens, directeurs de musées, & plus ! »
https://twitter.com/CIA/status/1034866941587087360

Et plus ? Les conspirationnistes vont encore s'en donner à cœur joie avec leurs spéculations délirantes...

Lire la suite

➤ La belle et le président

26 Août 2018 , Rédigé par Triangle

Le président Donald Trump et Rudolph Giuliani, maire de New York au moment du 11 septembre 2001 :

Lire la suite

➤ Les liens entre Tor et le gouvernement américain

5 Mars 2018 , Rédigé par Triangle

➤ Les liens entre Tor et le gouvernement américain

 

« Le 22-23 oct., j'ai rencontré environ 50 agents du FBI et du Département de la Justice à San Diego. Le contexte était une conférence qu'ils dirigeaient, intitulée « industrie et gouvernement », née des fiascos du CALEA [ndt: loi encadrant les interceptions de télécommunications par les forces de l'ordre américaines] / des interceptions légales / des clés de chiffrement. À présent, ils rassemblent deux fois par an des gens venus de l'industrie pour leur parler le plus tôt possible du fonctionnement des forces de l'ordre et de quelles fonctionnalités elles pourraient bénéficier, de sorte que l'industrie puisse installer des backdoors dès les débuts du processus de création, lorsque le coût est encore peu élevé. »

The Tor Project, une organisation privée à but non lucratif, pierre d'angle du dark web à laquelle les activistes de la vie privée vouent un véritable culte, est financée presque à 100 % par le gouvernement américain.

Durant l'écriture de mon livre Surveillance Valley, j'ai pu accéder, via une demande FOIA, à environ 2500 pages de correspondance — comprenant des contrats, des stratégies, des budgets, et des mises à jour de statut — entre le Tor Project et son principal financier, une organisation dérivée de la CIA aujourd'hui connue sous le nom de Broadcasting Board of Governors (BBG), qui supervise les opérations de propagande américaines à l'étranger telles que Radio Free Asia et Radio Free Europe.

(L'ensemble des documents est disponible ici)

J'ai obtenu les documents en 2015. À cette époque, j'avais déjà passé deux ans à rendre compte des liens profondément contre-nature entretenus par Tor avec la branche du gouvernement américain consacrée aux changements de régimes. En suivant la piste de l'argent, je découvris que Tor n'était pas une organisation issue de la base. Je pus démontrer qu'en dépit de son vernis d'indépendance radicale et de ses prétentions à aider ses utilisateurs à se protéger de la surveillance gouvernementale sur internet, Tor était financé presque à 100 % par trois agences de la sécurité nationale américaine : la Navy, le département d’état et le BBG. La piste de l’argent a révélé que Tor n’était pas une organisation issue de la base, mais un contractant militaire disposant de son propre numéro de contractant auprès du gouvernement américain. En d’autres termes : il s’agissait d’une extension privatisée du gouvernement qu’elle prétendait combattre par ailleurs.

Ce fut une révélation stupéfiante.

Pendant des années, le Tor Project — ainsi que d’autres outils crypto-gouvernementaux tels que Signal — a été traité de façon quasi religieuse par la communauté militant en faveur de la vie privée, et considéré comme le seul moyen de protéger la population contre l’espionnage pratiqué par le gouvernement sur internet.

L’Electronic Frontier Foundation a considéré que Tor était l’équivalent digital du Premier Amendement. L’ACLU l’a soutenu. Fight for the Future, le groupe d’activistes branchés de la Silicon Valley, a déclaré que Tor était « immunisé contre la NSA ». Edward Snowden a déclaré qu’il s’agissait du type de technologie issue de la base qui pouvait vaincre la surveillance en ligne exercée par le gouvernement, et a recommandé à ses suiveurs de l’utiliser. Des journalistes de premier plan de Wired, Vice, The Intercept, The Guardian et de Rolling Stone — parmi lesquels Laura Poitras, Glenn Greenwald et Andy Greenberg — ont contribué à alimenter le statut mythique de Tor comme celui d’une organisation rebelle opposée à l’état. Même Daniel Ellsberg, le lanceur d’alerte légendaire, était convaincu que Tor était vital pour le futur de la démocratie. Tous ceux qui critiquaient ce point de vue et pointaient du doigt le soutien massif apporté à Tor par le gouvernement étaient attaqués, ridiculisés, diffamés et contraints au silence. J’en sais quelque chose, puisque c’est ce que les soutiens de Tor ont essayé de me faire.

Mais les faits étaient têtus.

Les premiers éléments que j’ai pu rassembler au cours de mon enquête ne laissaient que peu de place au doute quant à la véritable nature de Tor, celle d’une arme utilisée par le gouvernement américain dans le cadre de sa politique étrangère. Mais la caisse de documents FOIA que je reçus à propos du BBG permit d’amener ces éléments de preuve à un tout autre niveau.

Pourquoi le gouvernement américain financerait-il un outil qui limiterait son propre pouvoir ? La réponse, comme je l’ai découvert, était que Tor ne menaçait pas la puissance américaine. Il l’augmentait.

Les documents FOIA montraient un niveau de coopération difficilement croyable entre le gouvernement fédéral, le Tor Project et des membres éminents du mouvement du mouvement pour la vie privée et la liberté sur internet.

Les documents montraient des employés de Tor prenant des ordres de leurs référents au gouvernement américain, dont des stratégies pour déployer leur outil censé garantir l’anonymat dans des pays que les États-Unis tentaient de déstabiliser : la Chine, l’Iran, le Viet-Nâm, la Russie. Ils montraient des réunions où l’on discutait de la meilleure tactique à adopter pour influencer la couverture médiatique et contrôler la mauvaise presse. On y trouvait des mises à jour mensuelles qui décrivaient des réunions et des sessions de formation avec la CIA, la NSA, le FBI, le département de la justice, et le département d’état. Ils révélaient les plans pour faire transiter le financement gouvernemental permettant de faire fonctionner les nœuds « indépendants » de Tor. Plus choquant encore, les documents FOIA mettaient en doute le serment professé par Tor selon lequel il n’installerait jamais de backdoor qui donnerait au gouvernement un accès privilégié au réseau Tor. (Voir plus bas)

Les documents montraient sans ambiguïté que Tor n’est absolument pas indépendant. L’organisation ne pouvait pas faire tout ce qu’elle voulait, et était strictement encadrée par des obligations contractuelles restrictives. Elle était également tenue de transmettre des rapports mensuels sur son activité au gouvernement américain, ce qui permettait à ce dernier de savoir exactement ce que développaient les employés de Tor, où ils allaient et qui ils rencontraient.

J’ai utilisé nombre de ces documents dans mon livre Surveillance Valley pour raconter l’histoire de l’évolution de la technologie concernant la vie privée, devenue un instrument de puissance pour l’armée et les multinationales. Mais aujourd’hui, je vais encore plus loin. Je publie l’intégralité des documents FOIA sur Tor et le BBG. J’espère que les journalistes et les historiens vont se servir de ces informations pour étudier les relations entre la technologie sur la vie privée, le gouvernement et la domination économique exercée par la Silicon Valley.

À cette occasion, je vais effectuer une petite vérification des faits concernant les liens entre Tor et le gouvernement, en me fondant sur ces documents. Je publierai chaque semaine un « fact-check », en commençant par celui-ci :

 

Fait n°1 concernant Tor : Tor renseigne secrètement le gouvernement sur ses failles de sécurité avant d’en avertir le public

Bien que les documents ne montrent pas que les employés de Tor installent des backdoors dans leur logiciel, ils révèlent néanmoins qu’ils n’ont pas de scrupules à informer secrètement le gouvernement fédéral sur ses failles de sécurité avant d’en avertir le public, ce qui donne l’opportunité au gouvernement d’exploiter ces failles bien avant que les utilisateurs de Tor n’en soient informés.

➤ Les liens entre Tor et le gouvernement américain

Prenons l’exemple de l’incident de la « normalisation de TLS ».

En 2007, le développeur de Tor Steven Murdoch rédigea un rapport sur les problèmes et les failles de sécurité en lien avec la manière dont Tor encryptait sa connexion internet. Il s’avéra que cette connexion se faisait d’une façon tout à fait particulière, ce qui faisait que le trafic issu de l’utilisation de Tor se distinguait de tout le reste, et rendait ainsi aisément identifiables les utilisateurs de Tor, et permettait donc de les isoler au milieu du reste de l’activité sur internet. Cette particularité d’encryptage ne permettait pas seulement à des pays étrangers de facilement bloquer Tor (à l’époque, les efforts de Tor étaient principalement concentrés sur la Chine et l’Iran), mais cela permettait en théorie d’isoler et d’identifier une cible plus aisément pour tous ceux qui souhaitaient espionner et cracker le trafic sur Tor — que ce soit la NSA, le FBI ou le GCHQ [ndt : le service de renseignement électronique britannique].

Dans cet email adressé au cofondateur de Tor, Roger Dingledine, Murdoch suggérait qu’ils devraient cacher au public l’existence de cette faille de sécurité, parce que la révéler publiquement sans avoir au préalable trouvé une solution aurait pu permettre à un hacker d’exploiter cette faille : « Il serait bon de différer toute annonce du type : ‘‘ cette attaque est sérieuse ; j’espère que personne ne s’en apercevra avant que nous ayons trouvé une solution’’. »

➤ Les liens entre Tor et le gouvernement américain

Pour le moment, ce document est privé, mais il devra finalement être rendu public, partiellement ou entièrement. Je laisse cette discussion pour une date ultérieure, mais mon sentiment est essentiellement que bien que nous ne devrions pas nous en tenir au secret, il serait bon de différer toute annonce du type : ‘‘ cette attaque est sérieuse ; j’espère que personne ne s’en apercevra avant que nous ayons trouvé une solution’’. [Note manuscrite : « Ne pas rendre publique une faille de sécurité connue, tout en en informant le BBG »]

Dingledine était d’accord. Il n’a pas averti le public. Mais il n’a pas non plus gardé cette information confidentielle. Bien au contraire, il a débriefé ses soutiens au BBG, une agence issue de la CIA et qui continue à être impliquée dans des manœuvres de tentatives de changements de régime à travers le monde (voir mon livre Surveillance Valley pour mon enquête sur cette histoire). Roger a transmis cet échange avec Steven au BBG, laissant clairement sous-entendre qu’ils ne résoudraient pas cette faille de sécurité de sitôt, et que le public serait maintenu dans l’ignorance. Il termine son email par un sourire : « :) ».

➤ Les liens entre Tor et le gouvernement américain

Salut Kelly, Ken,
Voici un peu de lecture pour vos heures perdues. Ce n’est qu’un premier jet, mais je pense que c’est un bon début. Les prochaines étapes consisteront à déterminer exactement ce que nous devrons *faire* — puis le faire. :)
Roger

Comme c’est mignon.

Donner des tuyaux sur une faille de sécurité à une agence de renseignement fédérale ? Peu importe l’ampleur de cette faille, il faudrait être naïf pour croire que le gouvernement américain ne chercherait pas à l’exploiter.

Je ne sais pas pour vous, mais je serais prêt à parier que la plupart des utilisateurs de Tor ne seraient pas particulièrement ravis d’apprendre que c’est ce qui se passe au Tor Project. Je pense qu’ils verraient là une trahison totale de la confiance qu’ils ont placée en eux. Pour eux, Tor n’est pas censé prévenir le gouvernement américain avant tout le monde sur ses failles de sécurité. Il est censé se battre dans l’autre camp : celui d’une organisation technologique privée, issue de la base, qui devrait se rebeller contre les gouvernements les plus puissants et se dresser contre les agences de renseignement à travers le monde. Telle est la mystique qui entoure Tor, et sa promesse. C’est la raison pour laquelle elle est soutenue par l’Electronic Frontier Foundation et Edward Snowden, le lanceur d’alerte le plus célèbre de ces dernières années. Certains, comme Ross Ulbricht, le fondateur du site Silk Road, ont joué leur vie sur leur croyance en l’indépendance de Tor et sa nature anti-étatique. Ce n’est peut-être pas une surprise si Ulbricht va désormais passer le reste de sa vie derrière les barreaux.

Ce bref échange (et il y en a beaucoup d’autres sur toutes sortes de sujets) vous donne un aperçu sur les relations amicales entretenues en arrière-plan par Tor avec le gouvernement américain. Tor ne considère pas le BBG comme une menace. Comment le pourrait-il ? Le BBG est un soutien financier majeur du Tor Project, ayant offert à ce dernier pour 6 millions de dollars de contrats entre 2007 et 2015. Le BBG est un ami et une source de revenus — et la direction de Tor ne demande qu’à le satisfaire. Et bien entendu, le BBG n’est pas le seul ami de Tor au sein du gouvernement américain : l’U.S. Navy et le département d’état ont eux aussi injecté des millions de dollars dans le projet, et continuent de le faire jusqu’à aujourd'hui.

Donc... Combien de temps a-t-il fallu à Tor pour révéler ses failles de sécurité au public ?

C’est difficile à dire. Mais en examinant la liste d’emails « tor-dev », il s’avère que le document transmis par Roger au BBG en 2007 n’a été porté à l’attention du public qu’en 2011. Soit quatre ans après que le gouvernement fédéral en ait été informé !

Note : il convient de se rappeler que la correspondance entre Tor et le BBG ne révèle qu’une portion des interactions entre Tor et le gouvernement fédéral. La plus grande partie du financement des organisations consacrées à la liberté sur internet se fait sous l’égide de Radio Free Asia, une compagnie privée liée au gouvernement américain, qui prétend ne pas entrer dans le cadre de la loi sur la liberté de l’information, et qui refuse donc de se soumettre aux demandes FOIA des journalistes. Nous ne savons pas non plus ce que Tor révèle à ses deux autres principaux soutiens financiers, le département d’état et l’U.S. Navy. Et nous ignorons tout autant ce que Roger Dingledine ou d’autres membres de la direction de Tor peuvent révéler au cours de leurs réunions régulières avec les forces de l’ordre et les agences de renseignement. Et ces réunions sont très fréquentes.

Lire la suite

➤ Roy Cohn, le mentor de Donald Trump

12 Octobre 2017 , Rédigé par Triangle

Durant la dernière campagne présidentielle américaine, Donald Trump s’est fait remarquer par des déclarations tonitruantes sur son adversaire, Hillary Clinton, promettant, s’il était élu, qu’elle « finirait en prison ».

Pourtant, le passé de Trump lui-même n’est certainement pas « blanc comme neige », comme il prétendait l’être avant une audition devant le procureur général en vue d’une demande pour la construction d’un casino à Atlantic City.

Ce passé trouble est dominé par la présence d’un homme, l’avocat Roy Cohn, devenu célèbre après avoir été le principal conseiller de Joseph McCarthy lors la chasse aux sorcières anti-communiste durant les années cinquante, et en particulier pour avoir été procureur adjoint à l’occasion du fameux procès des époux Rosenberg, puis pour avoir été l’avocat de

clients aussi divers que les magnats de l’immobilier Donald Trump et Sam Lefrak ; les cardinaux Francis Spellman et Terence Cooke, et occasionnellement l’archevêché de New York ; il a aussi représenté Carmine Galante, qui, avant son décès, était présenté par les autorités comme le « parrain des parrains » de la mafia, et Tony Salerno (dit Gros Tony), lui aussi considéré comme étant un chef mafieux. [Source]

➤ Roy Cohn, le mentor de Donald Trump
Roy Cohn, à droite, et Joseph McCarthy

Il est généralement admis que Roy Cohn et Donald Trump se seraient rencontrés en 1973 :

Si Fred Trump lança la carrière de son fils, en le faisant entrer dans l'entreprise familiale de location de logements de Brooklyn et du Queens destinés à la classe moyenne, M. Cohn l'envoya de l'autre côté de la rivière, à Manhattan, et le présenta à l'élite sociale et politique, tout en le défendant férocement contre une liste d'ennemis s'allongeant sans cesse. [...]

Les deux hommes s'étaient rencontrés peu auparavant dans une discothèque privée, Le Club. Le courant passa immédiatement entre eux, au cours d'une conversation concernant un obstacle épineux pour M. Trump, le procès intenté par la division des droits civiques du département de la justice, qui l'accusait lui et son père de refuser de louer à des personnes noires. [Source]

Le biographe de Trump David Cay Johnson affirme pourtant dans The Making of Donald Trump que « Trump a témoigné sous serment qu’il avait rencontré Cohn trois ans auparavant ». Quoi qu’il en soit, Trump fut contraint, malgré les services de Cohn, de négocier un règlement à l’amiable avec le département de la justice, et d’assouplir sa politique de location de logements aux personnes de couleur. Malgré cet échec initial, la collaboration entre les deux hommes s’avéra fructueuse par la suite, Trump bénéficiant des liens étroits de Cohn avec le milieu du crime organisé et le monde de la politique pour bâtir un empire fondé sur la construction immobilière et les casinos, comme l’explique un autre biographe de Trump, Wayne Barrett, lors d’une interview donnée à Democracy Now! peu avant l’élection de 2016 :

Évidemment, ce type de relations et d’activités causèrent de temps à autre quelques désagréments à Roy Cohn :

En juin 1983, alors qu'il était presque mourant de ce qu'il prétendait être un cancer du foie, Roy Cohn fut radié du barreau des avocats de l’état de New York. En une décision unanime, les cinq juges composant la commission d’appel de la cour suprême de l’état déclarèrent que sa conduite dans quatre affaires judiciaires avait été « contraire à l’éthique », « peu professionnelle » et, dans un des cas, « particulièrement répréhensible ». [...]

M. Cohn fut presque constamment en conflit avec le fisc, ce dernier ayant contrôlé ses déclarations d’impôts pendant vingt années consécutives, et collecté plus de 300 000 dollars en arriérés. Le fisc lui réclama plus d’un million de dollars pour la seule année 1979 [...] . Au total, le fisc avait déposé contre lui, sur une période de vingt-cinq ans, des droits de rétention pour un montant de 3,8 millions de dollars. [Source]

➤ Roy Cohn, le mentor de Donald Trump

Les activités de Roy Cohn ne se limitaient pas aux liens avec la mafia ou à la fraude fiscale. Certaines de ses pratiques pourraient d’ailleurs être considérées comme courantes pour la plupart des avocats :

L'une d'entre elles remonte à 1976, quand un tribunal de Floride rendit un arrêt concluant que M. Cohn était entré dans la chambre d'hôpital de Lewis S. Rosenstiel, le patron multimillionaire de Schenley Industries, et « n’avait pas présenté fidèlement la nature, le contenu et l’objet du document qu’il présenta à M. Rosenstiel pour qu’il y appose sa signature ». Le document, signé d’une main tremblante par le client agonisant, était une modification testamentaire qui aurait fait de M. Cohn et quelques autres les exécuteurs testamentaires de M. Rosenstiel. Le tribunal refusa d’enregistrer la modification du testament. [Ibid.]

➤ Roy Cohn, le mentor de Donald Trump
Roy Cohn dans sa maison de Manhattan en 1984,
tenant une photo de lui et Donald Trump

Roy Cohn se livrait cependant à des activités bien plus ténébreuses que la « simple » falsification de testament. Dans son livre The Franklin Cover-Up, l’ancien sénateur de l’état du Nebraska John DeCamp, citant l’ouvrage Secret Agenda de Jim Hougan, explique comment la CIA pratiquait le chantage sexuel pour faire pression sur les hommes politiques américains :

D’après l’ancien agent de la CIA Frank Terpil, aujourd’hui en fuite, la CIA pratiquait de manière intensive des opérations de chantage sexuel durant la période du scandale du Watergate. Une de ces opérations était, d’après Terpil, dirigée par son ancien partenaire Ed Wilson. [...] Dans une lettre envoyée à l’auteur, Terpil explique que « Historiquement, l’un des boulots de Wilson pour la CIA était de subvertir des membres des deux chambres [du Congrès] par tous les moyens nécessaires. [...] Certaines personnes pouvaient aisément être contraintes d’obtempérer en leur faisant vivre leurs fantasmes sexuels. [...] Un souvenir de ces occasions [était] enregistré pour la postérité par plusieurs caméras. Les techniciens en charge de l’enregistrement [...] [étaient] des membres du TSD [Division des Services Techniques de la CIA]. Les stars du porno involontaires poursuivaient ensuite leurs carrières politiques, et certaines d’entre elles pourraient toujours être en poste. »

John Decamp poursuit en faisant remonter ces pratiques à Roy Cohn :

Wilson semblait ainsi poursuivre le travail [...] de Roy Cohn, l’ancien conseiller du comité de McCarthy durant les années 50, aujourd’hui décédé du SIDA. D’après l’ancien chef de la police des mœurs de l’une des plus grandes villes américaine, « le boulot de Cohn était de s’occuper des petits garçons [On se souviendra que Wayne Barrett qualifiait Cohn « d’oiseau de proie pour les petits garçons » dans l’interview présentée ci-dessus]. Imaginez que vous ayez un général, un amiral, un membre du Congrès, qui ne souhaitait pas faire ce qu’on lui demandait. Le boulot de Cohn était de les piéger, et ensuite ils obtempéraient. Cohn me l’a dit lui-même. »

Ceci a été confirmé par le policier James Rothstein lors d’une conversation avec l’auteur Paul Collins. Rothstein évoque dans ce cadre un autre proche de Trump, Roger Stone, qui aurait lui aussi participé à ces opérations de chantage sexuel. Ancien conseiller de Nixon, Reagan, Bush père et Bob Dole, Roger Stone fut également le conseiller de Donald Trump lors de la campagne de 2016, ainsi que lors de la tentative avortée de Trump de se présenter à l’élection de 2000. Stone fut le lobbyiste de Trump dès les années 80, comme il l’a lui-même déclaré :

J’ai fait du lobbying pour la compagnie aérienne de Trump dans les années 80, et il était en compétition avec America West Airlines pour le droit d’atterrir à LaGuardia, je suis donc allé voir [John] McCain dans son bureau du Capitole. [Source]

Un rendez-vous qui semble avoir tourné à l’aigre, et qui pourrait être le point de départ de la rivalité acharnée entre Trump et McCain.

Stone rencontra Cohn en 1979 :

Je fus invité à une fête par une mondaine du nom de Sheila Mosler, et Roy Cohn était présent. [...] Roy était un démocrate, mais il était anti-communiste, et un maître des relations publiques, et il voulait m’aider avec Reagan. Il me dit donc de venir le voir dans sa maison du centre-ville. [...] Roy n’était pas gay. [...] C’était un homme qui aimait avoir des relations sexuelles avec des hommes. Les gays sont faibles, efféminés. Il semblait toujours avoir de jeunes garçons blonds autour de lui. Ce sujet n’était tout simplement jamais abordé. Il m’a dit que son but ultime était de mourir complètement ruiné et de devoir des millions au fisc. Il a réussi sur ce point. [Ibid.]

Stone avait lui-même des penchants sexuels qui sortaient de l’ordinaire :

The National Enquirer révéla, dans un article intitulé Un conseiller de premier plan de Dole impliqué dans un réseau de sexe de groupe, que les Stone avaient apparemment publié des annonces personnelles dans le magazine Local Swing Fever [La fièvre de l’échangisme] et sur un site internet qui avait été monté avec la carte de crédit de Nydia [l’épouse de Stone]. L’annonce du site internet disait : « Femme chaude et insatiable, et son très bel époux body-builder, échangistes expérimentés, recherchent couples similaires ou homme seul [...] exceptionnellement musclé. » Les annonces recherchaient des athlètes ou des militaires, et décourageaient les hommes en surpoids ; elles contenaient également des photographies des Stone. À l’époque, Stone prétendit qu’il avait été piégé « par une personne complètement cinglée », mais il fut contraint de démissionner de la campagne de Dole. Stone m’a avoué que les annonces étaient authentiques. « Quand toute cette affaire a éclaté en 1996, la raison pour laquelle j’ai donné un démenti formel était que mes grands-parents étaient toujours en vie. [...] Je ne suis pas coupable d’hypocrisie. Je suis un libertaire et un libertin. » [Ibid.]

Roger Stone
Roger Stone

L’arroseur arrosé, en quelque sorte. Voici ce qu’écrit Paul Collins au sujet du réseau de chantage sexuel monté par Roy Cohn et poursuivi par Roger Stone :

Lorsque le scandale de prostitution de l’Emperors Club impliquant Eliot Spitzer [gouverneur de l’état de New York, contraint de démissionner après avoir employé les services de plusieurs call-girls de l’agence Emperors Club] éclata le 10 mars 2008, la première personne que je pensai à appeler fut la légende de la police de New York, l’inspecteur James « Jim » Rothstein, aujourd’hui à la retraite. En tant que flic, Jim fit tomber des réseaux de prostitution infantile, arrêta le cambrioleur du Watergate et agent de la CIA Frank Sturgis, et témoigna devant le comité spécial sur le crime de l’état de New York.

Jim connaît tous les mécanismes des opérations de chantage sexuel, qu’il appelle « compromission humaine ». Pour Jim, le scandale entourant Spitzer était exemplaire. « C’est du déjà-vu », m’a dit Rothstein. Et pour lui, l’agent du parti républicain Roger Stone était la clef pour comprendre l’origine du discrédit jeté sur le gouverneur Spitzer.

« Intéressez-vous à ce type, Stone », m’a dit Jim lors d’un entretien téléphonique du 10 mars 2008. « Je l’ai vu dans une interview sur Spitzer il y a quelques jours, et j’ai pensé le reconnaître. J’ai consulté mes anciennes enquêtes, et je me suis souvenu qu’il faisait partie de tout ce truc avec Roy Cohn. »

Jim faisait référence à l’opération de chantage sexuel de Roy Cohn. D’après Jim, cette opération était menée « sous le prétexte de combattre le communisme ». Lorsqu’il était inspecteur de police, Rothstein eut l’occasion de rencontrer Roy Cohn, le tristement célèbre conseiller du comité de McCarthy. Cohn admit devant Rothstein qu’il faisait partie d’une opération de chantage sexuel assez élaborée qui piégeait des politiciens avec des enfants prostitués.

Roger Stone commença à travailler avec Cohn alors qu’il était le président pour la zone Nord-Ouest de la campagne de Reagan en 1980. Cohn et Stone avaient commencé à nouer une alliance un an auparavant, lorsque Cohn présenta à Stone le mafieux « Gros Tony » Salerno dans sa maison de Manhattan. D’après Matt Labash du Weekly Standard, « Stone adorait Cohn ». Stone disait de Cohn : « Il se fichait de ce que pensaient les gens, tant qu’il était dans une position de pouvoir. Il menait les chroniqueurs mondains [de New York] à la baguette. »

Roger Stone a lui-même admis qu’il était l’informateur qui a aiguillé le FBI sur l’utilisation de prostituées de l’Emperors Club par Spitzer, quatre mois avant la démission du gouverneur. Les manœuvres de Stone contre le gouverneur Spitzer débutèrent en juin 2007, lorsque l’agent du parti républicain fut engagé, pour 20 000 dollars mensuels, par le chef de file des républicains du sénat de l’état de New York, Joseph Bruno, pour qu’il les débarrasse de l’encombrant gouverneur de New York.

Voilà donc un bref aperçu sur les personnes qui ont permis l’ascension de Donald Trump jusqu’à la présidence des États-Unis. Il y aurait également beaucoup de choses à dire sur ses relations avec le milliardaire pédophile Jeffrey Epstein (Trump a déclaré : « Cela fait quinze ans que je connais Jeff. C’est un type super. [...] On s’amuse bien avec lui. Il se dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi, et certaines d’entre elles sont très jeunes »), ou sur sa nomination d’Alexander Acosta au poste de secrétaire d’état au travail , l’ancien procureur de Floride qui permit à Jeffrey Epstein de s’en sortir avec une peine de seulement 13 mois de prison pour avoir eu des relations prohibées avec des jeunes filles mineures. On pourrait aussi s’intéresser aux liens entre son gendre Jared Kushner, époux d’Ivanka et devenu le plus proche conseiller de Trump depuis son accession à la présidence, et le milliardaire « progressiste » George Soros ou la secte extrémiste juive Loubavitch.

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 > >>